Avenir des retraites

La France consacre une part importante de sa richesse au financement des retraites, plus de 13 % du PIB en 2006 soit 235 milliards d’€. Ce taux est supérieur à celui de la moyenne des États membres de l’Union Européenne, 10,5 % du PIB en 2006.

Plus de la moitié des retraités touchent une retraite inférieure à 1000 € par mois. 600 000 retraités touchent l’allocation de soutien aux personnes âgées (minimum vieillesse) soit 628 € pour un célibataire et 1126 € pour un couple.
Nous connaissons déjà les grandes lignes de la situation du système de retraite à vingt ou trente ans car il dépend des évolutions de la démographie française de ces cinquante dernières années. Nos régimes de retraite ressemblent à des supertankers ; une fois lancés, les arrêts ou les changements de direction prennent du temps et ne s’improvisent pas.

Le nombre de personnes de plus de 60 ans doublera d’ici 2050 selon l’INSEE . Près d’un habitant sur trois aura plus de 60 ans contre un sur cinq en 2005. La France comptera alors sept habitants de plus de 60 ans pour dix habitants âgés de 20 à 59 ans. La France si elle est confrontée au défi démographique, se trouve dans une meilleure situation que l’Allemagne, l’Italie ou le Japon dont le vieillissement est plus rapide et plus important. Le nombre de retraités passera, de ce fait, de 13,5 millions de retraités à plus de 29 millions de retraités de 2006 à 2050.
Le ratio « retraités sur actifs » s’élèvera, sur la même période, de 45 à 83 %.

Une retraite plus longue, une vie active plus courte…

Si la durée de la retraite a doublé en un demi-siècle, la vie professionnelle, en revanche, s’est contractée. Nous entrons, de plus en plus tard, sur le marché du travail et nous en sortons de plus en plus tôt. En 1936, plus de la moitié des jeunes garçons de 13 ans travaillaient ; aujourd’hui, l’âge moyen du début de la vie professionnelle est de 22 ans. Par ailleurs, et cela constitue une spécificité bien française, seulement 37 % des salariés français de 55 à 65 ans ont encore un emploi contre 45 % en Allemagne ou 57 % au Royaume-Uni. La vie active s’est, de ce fait, réduite de huit ans depuis 1945.

Une nouvelle gestion de la vie….

Une nouvelle gestion des âges s’impose. Autrefois, au mieux trois générations cohabitaient et encore de manière temporaire ; aujourd’hui quatre générations sont amenées à se côtoyer durablement. Cette mutation démographique s’accompagne d’un phénomène conjoncturel, l’arrivée à l’âge de la retraite des classes d’âge nombreuses d’après la Seconde Guerre Mondiale. Le baby-boom devenu papy-boom se fera sentir jusqu’en 2030. Le nombre de départs à la retraite qui était inférieur à 500 000 avant l’an 2000 atteint désormais les 750 000. En contrepartie, arrivent sur le marché du travail, les générations de taille plus réduite des années soixante-dix et quatre-vingt.

Cette conjonction de l’allongement de la durée de la vie et du papy-boom n’est pas sans conséquences financières. Nous avons d’un côté plus de pensionnés vivant plus longtemps et ayant eu des carrières longues ; de l’autre un nombre d’actifs stabilisé avec des carrières plus hachées du fait de changements professionnels plus fréquents, de périodes de chômage plus ou moins longues et d’une moindre progression des salaires. Il en résulte des charges en forte progression qui pèsent sur un nombre plus réduit de personnes. L’équation est d’autant plus délicate à résoudre que les marges de manœuvres budgétaires sont faibles du fait du poids de l’endettement public (plus de 1000 milliards d’euros) et du niveau déjà élevé des prélèvements obligatoires (plus de 43 % du PIB).

Ainsi, selon les dernières évaluations du Conseil d’Orientation des Retraites, le poids des dépenses de retraite devrait augmenter pour atteindre 14 % du PIB en 2020 et près de 15 % en 2050. En parallèle, à législation inchangée, le montant du déficit du système de retraite passera de 4,2 à 68,8 milliards d’€ de 2006 à 2050. En 2020, ce déficit atteindra déjà près de 25 milliards d’€.

Face à ce défi, la France a des atouts : le niveau plus élevé que la moyenne européenne de son taux de fécondité et la forte productivité de ses actifs. Néanmoins, cela ne saurait suffire à maintenir le pouvoir d’achat des futurs retraités, d’autant plus que nous devrons également faire face à la progression des dépenses de santé dont 50 % sont imputables aux personnes de plus de 60 ans et de celles liées à la dépendance évaluées à près de 2 % du PIB d’ici 2050. Plus d’un million de personnes étaient considérées comme dépendantes en 2007 ; ce nombre devrait s’accroître de 5 % par an.

Pour plus d'information sur l'avenir des retraites, nous vous invitons à écouter l'émission d'Eric Brunet sur RMC, consultable ici.